Concomitance annuelle des conduites parentales à caractère violent à l’égard des enfants âgés de 5 ans ou moins ayant été victimes de telles conduites de la part d’un adulte de la maison
Données provinciales
Faits saillants
Les enfants de 5 ans ou moins qui ont été victimes de conduites parentales à caractère violent sont proportionnellement moins nombreux à en avoir vécu de manière concomitante en 2018 qu'en 1999. On note une telle diminution sur le plan de l'agression psychologique répétée et de la violence physique mineure vécues de manière concomitante (29,5 % c. 36.9 %), ainsi que sur le plan de l'agression psychologique répétée, de la violence physique mineure et de la violence physique sévère subies de manière concomitante (2,6 %* c. 4,9 %*). Les combinaisons de violence regroupées dans la catégorie « Autres » sont également en diminution en 2018 par rapport au niveau de 1999 (43,0 % c. 51,3 %). Ces diminutions d’enfants victimes de conduites à caractère violent de manière concomitante pourraient expliquer que l’on trouve une augmentation des enfants victimes uniquement d’agression psychologique répétée en 2018 (24,9 %) par rapport aux années précédentes (de 6,9 %* à 17,4 %).
Notes importantes
Ce constat s'applique seulement aux enfants ayant été victimes uniquement d'agression psychologique répétée. L'agression psychologique répétée est présente dans d'autres combinaisons.
Étant donné que les enfants âgés de 6 mois ou moins sont exclus de la population visée par les éditions de 2012 et de 2018 de l’enquête La violence familiale dans la vie des enfants du Québec, des vérifications ont été effectuées et les résultats de certaines estimations et comparaisons pour cet indicateur sont affectés par le changement de couverture, soit les comparaisons entre 1999 et 2012 et celles entre 2004 et 2012.
Quels sont les effets pour les tout-petits?
Les enfants d’âge préscolaire sont les plus souvent touchés par les conduites parentales à caractère violent, qu’elles soient mineures ou sévères.
Les risques d’escalade entre la violence mineure et sévère sont aussi élevés; les enfants soumis à des punitions corporelles sont de deux à dix fois plus à risque de subir également de la violence physique sévère, et ce, même en bas âge. De nombreuses études longitudinales ont aussi montré la présence de liens entre les conduites parentales à caractère violent, dont les punitions corporelles, et les problèmes de développement des enfants. Ces conduites sont notamment associées aux comportements agressifs et antisociaux ultérieurs de l’enfant, à une plus faible internalisation des valeurs morales, à des problèmes de santé mentale ainsi qu’à une altération de la qualité de la relation parent-enfant. Bien que les effets de ces pratiques à caractère violent sur le développement des enfants se fassent davantage sentir à l’âge scolaire et à l’adolescence, quelques études montrent que les enfants soumis aux fessées dès l’âge de deux ans sont deux fois plus à risque que ceux non soumis à ces pratiques de développer des problèmes émotionnels et comportementaux à l’âge de quatre ans. En outre, la trajectoire développementale des enfants d’âge préscolaire est étroitement et négativement liée aux difficultés parentales et familiales qui génèrent un stress, souvent elles-mêmes à l’origine des conduites coercitives à leur endroit.
Références
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